
Chargement...

Chargement...

Chargement...

Écrit par Éline Grégoire
Chronique
Publié le
04/06/2025
Ce n’est pas commun, mais je vais commencer par vous énoncer mon ressenti sur la fin : j’ai lâché ma larmichette en terminant ce livre. Lorsque je me suis dit : « Voilà, c’est fini. » En outre, NOUS, le nouveau roman de Christelle Dabos, est une bonne lecture. J’irais même jusqu’à dire une très bonne lecture, car je pense qu’une deuxième ne me ferait absolument pas de mal et je vais vous expliquer pourquoi.
Le NOUS et l’Instinct : un système de magie métaphysique multifonctionnel !
Le roman de Christelle Dabos nous introduit dans un nouvel univers, beaucoup plus vintage que celui de la Passe-Miroir, sans ses fameuses îles volantes mais avec un super continent unifié, et avec pour instance unificatrice le NOUS ! Le NOUS, c’est le nom donné à l’inconscient collectif qui relit tous les Instincts du monde. Et tandis que les Instincts, c’est le trope favori de Christelle Dabos, qui est de donner des pouvoirs à tous les êtres humains de son univers comme il s’agirait de dons naturels – ce qui en fait ultimement des métiers –, le NOUS, c’est une théocratie. Je grossis un peu le trait, mais si l’on devait définir le NOUS avec notre langage de lecteurices, ce serait à la fois un gouvernement, une religion et un système de magie tout-en-un ! Vous connaissez la théorie qui stipule que pour nullifier un cliché, il faut le coupler avec un deuxième ? Eh bien, vous avez là un cas de figure très réussi.
Une réflexion sur la l’individualité et le libre arbitre
Lorsqu’on voit l’œuvre capitale et sociétale qu’a façonné le NOUS, c’est-à-dire régler une société comme une horloge pour que tout le monde y trouve son utilité, on pourrait penser que l’univers de ce roman est d’une sérénité et d’une géométrie parfaite. Pourtant il nous fait très rapidement comprendre que, sous le verni de l’Instinct, il y a des craquelures : les gens veulent-ils vraiment faire parti de cet immense mécanisme qu’est le NOUS ? Sont-ils vraiment heureux que leur Instinct — qu’ils ne choisissent pas ! — leur dicte de faire ceci ou cela n’importe où, n’importe quand et pour n’importe qui ? Alors des fois, on a la surprise de tomber sur des situations rigolotes, parfois même absurdes, et d’autres fois, qui nous frappe de tristesse ou d’horreur. Ce que ça nous dit de ce roman, c’est qu’il s’y trouve une variété de tons et de nuances tout bonnement incroyables et qui, par-dessus, est très bien maîtrisée !
Mais ça nous évoque aussi sa profondeur, et c’est de là que me vient cette envie de le relire : parce que le concept d’« Instinct » et de libre arbitre tel que nous les présente Christelle Dabos ont tout d’une réflexion philosophique. Parce qu’elle nous pousse à y réfléchir, même après avoir refermé son roman. C’est ce qu’on peut appeler ici « de la fantasy qui fait réfléchir. »
Une polyphonie qui vous engloutit
La narration est le point concluant de ce roman. C’est selon moi la raison pour laquelle vous devriez vous jeter sur ce livre. Si Christelle Dabos est parvenue à écrire des personnages crédibles et attachants, elle peut aussi vous convaincre de la beauté et de la laideur de son univers par une écriture magnifique et singulière, qui saisit avec précision les sensations et les émotions au travers d’expressions uniques. C’est un roman qu’on peut toustes lire si on le souhaite, qu’on soit son public destiné (adolescent) ou un adulte. En réalité, je ne vous dis qu’une chose depuis le début de cette chronique : foncez lire NOUS, le nouveau roman de Christelle Dabos !